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"Les Cauvin, nissart per tougiou
I ls ont quitté leur domicile de Saint-Roch en novembre 2006, mais pas le comté. Impossible de franchir le Var quand on est niçois de souche. « Nos racines sont là », affirme Alain Cauvin, 48 ans, l'aigle niçois autour du cou. Alors la famille - Patricia, la maman, Adeline et Alexie, 19 et 14 ans - a remonté la vallée du Paillon jusqu'à dénicher une jolie maison à Sainte-Thècle, commune de Peillon. Depuis, en réponse au drapeau monégasque planté par le voisin, Alain a fini par hisser la bannière nissarte dans le jardin !
Alain et Patricia se sentent niçois d'abord, français ensuite. Cette revendication, ils la gardaient enfouie en eux comme beaucoup de quadras qui redécouvrent aujourd'hui d'où ils viennent. Même si, petits, ils ont baigné dans le niçois et entendu parler nissart à la maison, leurs parents leur ont peu transmis d'une culture longtemps jugée ringarde, voire interdite. « Autrefois, à l'école, on passait du savon sur la bouche des enfants qui osaient parler niçois. Les hussards de la République ont bien fait leur travail, rappelle Patricia. Dommage qu'on n'ait pas su être aussi forts que les Basques ou les Bretons. »
Alors, en rejoignant l'association Nissart per tougiou, les Cauvin ont franchi le pas, « car on avait un besoin de reconnaissance de notre identité ». D'apprendre la langue d'abord, grâce aux cours hebdomadaires, mais pas seulement. « A l'association, j'ai également appris notre histoire, qui n'est pas celle de la France, mais tout aussi riche, glisse Alain . On a aussi rencontré des Niçois d'horizons divers avec qui nous organisons des sorties, des week-ends, on participe à la fête du comté de Nice à La Turbie... » Passionné et assidu, il se plonge dans la littérature, découvre Jousé Garibaldi, écoute la musique niçoise.... Adeline, en prépa littéraire, a quant à elle passé le bac de niçois l'an dernier au lycée de l'Est. « Parce que c'est ma langue natale et qu'il est important de se rapprocher de ses racines. » Alexie, elle, accroche moins, mais tend l'oreille à la maison et s'offre parfois une partie de mourra avec son père. En véritables Niçois"